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Communiqué n°4 (du 9 déc. 2002)

 

MADAGASCAR : GARANTIR LA LÉGALITÉ ET LES DROITS HUMAINS POUR SORTIR DU PIÈGE ETHNIQUE

(Paris, 9 décembre 2002)

En octobre 2002, plusieurs associations françaises unissent leurs efforts au sein d’un Consortium de Solidarité avec Madagascar (CdSM). Un des objectifs est alors de s’engager aux côtés de la société civile malgache pour l’instauration d’une véritable démocratie et d’un Etat de droit sur la Grande Ile. Ce quatrième communiqué du Consortium fait suite à un texte paru le 30 octobre sur la nécessité de vigilance contre toute tentative de déstabilisation du pays : « Madagascar : encore des mercenaires ? » et à un texte paru le 26 novembre sur l’observation des prochaines élections.

Alors que le 15 décembre, le peuple malgache est appelé aux urnes pour des législatives anticipées - pour lesquelles l’Arema, parti fortement divisé actuellement, n’a pas maintenu ses candidats -, des allégations de tortures (entre le moment de l’arrestation et celui de la mise en détention) et de mauvais traitements de la part des forces de l’ordre se font de plus en plus insistantes ces derniers mois. En outre, des « listes » illégales de personnes à arrêter continueraient d’exister dans les régions qui seront les plus disputées au cours de ce scrutin.

Après la reconnaissance de la victoire au premier tour de Marc Ravalomanana par la Haute cour constitutionnelle, le déploiement des forces de « pacification-sécurisation » dans les provinces autonomes dont les gouverneurs ont fait sécession a donné lieu à des affrontements inédits depuis l’Indépendance de 1960 entre militaires malgaches, les uns « légalistes », les autres « rebelle ». Les arrestations « massives » effectuées lors de ces opérations militaires ont concerné certes des personnalités politiques et militaires de l’ancien régime accusées d’avoir commis des crimes et délits lors de la crise, mais aussi indifféremment des civils soupçonnés de les avoir soutenus et des civils accusés d’être tout simplement sympathisants ou partisans de l’Arema. Plusieurs centaines de personnes sont ainsi en détention préventive depuis plus d’un trimestre à Antananarivo où la compétence juridique a été globalement déplacée, rendant problématique - du fait des difficultés de communication - la tenue d’éventuelles enquêtes suivies et nécessaires sur le terrain.

Ce n’est certainement pas sans raison que, le 13 juillet à Antsiranana, le président Marc Ravalomanana a rappelé que ces arrestations devaient se faire dans le cadre de la loi et du droit, hors de toute velléité de chasse aux sorcières. Préoccupation rappelée lors de son Discours à la Nation du 8 novembre dernier.

Le CdSM souhaite alerter l’opinion publique et les autorités françaises sur ces actes condamnables au regard de la loi et du droit qui font objectivement le jeu du « piège ethnique » tendu par l’ancien régime.

Le peuple malgache, uni dans sa diversité, a jusqu’ici su intelligemment éviter ce piège. Il serait gravement dommageable que des criminels qui méritent pleinement leurs peines deviennent subitement des victimes voire des « héros » parce que la pacification-sécurisation est de plus en plus vécue comme une chasse aux sorcières par certaines populations des régions d’où proviennent bon nombre des détenus arrêtés uniquement pour leurs opinions. Il serait alors hautement apaisant et utile, et cela couperait court à toutes récupérations politiciennes et ethnicistes, que les procédures judiciaires soient réellement accélérées comme l’a préconisé le président Marc Ravalomanana, afin que toutes les personnes « contre lesquelles il n’existe pas de charges » au regard de la loi malgache soient relâchées.

Signataires : le Consortium de Solidarité avec Madagascar et plus particulièrement Survie, DRV-Représentation en Europe, CCFD, Cedetim, L’APPEL, Cimade, Mireille Domenichini Andrianina, Randianina Ravoajanahary, Jean-Claude Rabeherifara.

Contacts  : Jean-Yves Barrère, Président du Consortium de Solidarité avec Madagascar (jy.barrere@free.fr)

Mireille Domenichini Andrianina, Cellule communication

 
 

 
 

 
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