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La Lettre N°4 (octobre-novembre 2005)

 

S o m m a i r e :

- Economie. La dépréciation de l’ariary
- Dette publique malgache. Une spirale infernale et toujours plus oppressante
- Conjoncture. Rentrée scolaire et pouvoir d’achat
- Mobilisation. Ilménite : Les syndicats s’en mêlent
- Repères. La politique, « affaire des citoyens » !
- 29 mars 1947 : Des chiffres et des mots autour d’un massacre colonial
- Association. HARDI (partenaire du CCFD)
- Le dessin animé Madagascar
- Livre nouveau. Elles font bouger l’Afrique : Un démenti à l’afro-pessimisme
- Témoignage. « Mada, pas de meilleur choix »


LE MOT DE LA RÉDACTION

Le Consortium possède à présent son site http://madagasconsortium.free.fr sur la toile ! Nous vous invitons à le consulter pour y trouver les versions longues de certains articles, des informations sur le fonctionnement du Consortium, ses partenaires etc. N’hésitez pas à nous envoyer des commentaires, précisions, compléments d’information sur le contenu de cette Lettre, à l’adresse : lalettre_mada@yahoo.fr .


ÉDITORIAL

Voici donc le quatrième numéro de notre Lettre que nous publions régulièrement depuis le début de l’année 2005, tous les deux mois. Le nombre des contributeurs et de journalistes bénévoles ne cesse d’augmenter. Nous nous efforçons de rendre compte à la fois de l’actualité économique et politique de Madagascar. Également de présenter les associations ou ONG partenaires du Consortium en France et à Madagascar.

Notre confiance dans la société civile malgache est ancienne et s’est renouvelée en 2002, lors des événements qui ont favorisé une alternance politique, que nous avions de fait encouragée. Aujourd’hui, le changement d’hommes à la tête de l’État n’a toujours pas eu les effets bénéfiques que tous espéraient. Le « développement rapide et durable » était un slogan de campagne et les paysans restent parmi les plus pauvres du monde. La lutte contre la pauvreté devient une lutte contre l’extrême pauvreté, sans véritable espoir de sortir, à échéance courte, de la misère sociale, économique, sanitaire les 75 % de la population rurale qui vivent en quasi exclusion.

Le discours officiel de libéralisme absolu est le seul son de cloche « optimiste » dans ce paysage malgache assez sombre... Une « communication » qui tourne sur elle-même et se mord la queue ?


* Économie. LA DÉPRÉCIATION DE L’ARIARY

>>> Version contractée de l’article

La dépréciation monétaire a marqué l’actualité économique de Madagascar, par ses effets notamment en termes d’inflation : le FMG est en effet passé d’environ 7500 pour un euro en janvier 2004 à environ 12 000 pour un euro en mai 2004. L’euro s’est stabilisé à 12 500 depuis quelques mois après un pic à plus de 15 000 début 2005. Quelles sont les causes de ces secousses ? Comment expliquer l’épuisement des réserves de change, les fortes tensions sur le MID (le marché interbancaire des devises) ? Cependant, si le taux de change par rapport à l’euro s’est stabilisé ces derniers mois, c’est notamment parce que la demande de devises se reporte sur le dollar dont le cours par rapport à la monnaie nationale est maintenant fixé comme l’euro sur le MID.

Tout d’abord, la politique de détaxation des produits importés ratifiée en 2003 est à l’origine du creusement du déficit commercial qui culmine à 539 millions de dollars en 2004 selon les estimations. A titre d’exemple, les importations de matériels de production ont connu une hausse de 65% entre mai et juin 2005. La demande de devises étrangères pour le paiement des importations s’est donc accrue, occasionnant la dégringolade de l’ariary sur le MID. L’érosion de la confiance en la monnaie (son pouvoir d’achat se dégrade) alimente les attaques spéculatives qu’une injection de devises sur le MID ne parvient guère à enrayer.

Or, les recettes d’exportations stagnent, ne parvenant pas à absorber la demande en devises : le secteur de la vanille est en crise, la filière du textile est mise en difficulté par la concurrence étrangère. Le tourisme attendu comme un secteur pourvoyeur de devises a cependant des potentialités largement sous exploitées. De même, les IDE (Investissements directs étrangers) n’ont pas atteint le niveau espéré par les autorités. Mais les entreprises en zone franche importent énormément de biens de consommations intermédiaires, et rapatrient leurs bénéfices à l’étranger, ce qui ne permet guère de rééquilibrer structurellement la balance des paiements. Les déficits auraient été plus importants si Madagascar n’avait pas atteint son point d’achèvement et obtenu des suppressions et des aménagements de dettes extérieurs.

Cette chute de l’ariary par rapport à l’euro et au dollar est porteuse de tensions inflationnistes : les coûts des biens importés se sont renchéris, la hausse de la facture pétrolière et l’augmentation des coûts de production des entreprises qui importent se sont répercutées en hausse de tarifs. L’inflation est amplifiée par la montée en flèche du prix des denrées de base, consécutive aux cyclones et aux pénuries locales ayant exacerbé les spéculations. Atteignant un niveau record de 26% selon l’INSTAT (Institut national de la statistique), cette inflation déjà préjudiciable aux ménages brouille les anticipations des opérateurs économiques. Dans une telle situation, les autorités mènent des politiques monétaires et budgétaires restrictives pour contenir les spirales inflationnistes. Autant dire qu’elles tâcheront sous la supervision des institutions financières internationales de neutraliser les revendications salariales notamment dans le secteur public, avec les tensions socio politiques que cela implique.

>>> Version longue de l’article

L’année 2004 a été marquée sur le plan économique par la dépréciation de l’ariary qui a perdu 75% de sa valeur par rapport à l’euro. Quelles sont les causes de cette forte dépréciation dont les conséquences en termes d’inflation et de tensions socio-politiques se font encore sentir aujourd’hui ? Comment expliquer que des euros et des dollars soient fortement demandés contre des ariary, créant ainsi de fortes tensions sur le marché interbancaire des devises, et entraînant par-là un épuisement des avoirs extérieurs ?

Tout d’abord, les importations augmentent plus vite que les exportations, autrement dit les sorties de devises excèdent les entrées, et cela depuis plusieurs années. En effet, le déficit commercial se creuse continuellement, atteignant un niveau sans précédent de 225,1 millions de DTS (droits de tirages spéciaux) en 2004 contre 154,5 millions de DTS en 2003 selon les estimations du FMI. Cette évolution reflète le poids de l’économie malgache dans les échanges internationaux, en particulier la trajectoire semée de difficultés des secteurs pourvoyeurs de devises. En effet, le tourisme est un secteur dont les potentialités sont largement sous-exploitées, mis à mal par la crise de 2002 bien qu’il soit impulsé par diverses mesures gouvernementales. Quant à la filière de la vanille, elle a été désorganisée, frappée de plein fouet par la chute vertigineuse des cours et malmenée par la concurrence indonésienne : la spéculation de 2003 a conduit à une surproduction, les exportateurs malgaches s’étant trouvés dans l’impossibilité d’écouler leurs stocks sur des marchés internationaux saturés. Le coton et le textile subissent de même les contrecoups de la chute des cours internationaux et de la concurrence chinoise, tendance cependant contrebalancée par les perspectives offertes par l’AGOA (African Growth and Opportunity Act, l’accord commercial qui lie les Etats-Unis à une quarantaine de pays d’Afrique subsaharienne). Madagascar dispose certes d’atouts dans l’aquaculture mais cela ne suffit pas pour pallier les déficits extérieurs.

La hausse des importations excède en effet celle des exportations : c’est là une tendance de long terme sur laquelle se greffent des chocs conjoncturels. Et c’est tout d’abord dû aux effets de la croissance économique constatée les années précédentes (excepté en 2002) qui augmente tendanciellement la capacité de l’économie malgache à se procurer des produits étrangers, dans le sillage de l’ouverture croissante aux échanges internationaux. De même, après la crise, les entreprises ont relancé leurs investissements, achetant en conséquence des biens de production et des intrants fournis à l’étranger. Mais ce qui a accéléré la dépréciation de l’ariary, c’est la détaxation des produits importés mise en place par le gouvernement malgache et qui a eu pour objectif affiché de doper les investissements de remplacement, de capacité et de productivité, de diminuer les prix de revient des entreprises et partant, de tirer la croissance économique estimée par les autorités à 7% pour l’année 2005. En effet, cette politique a provoqué une explosion des importations de matériels de production (hausse de 65% entre mai et juin 2005) et une augmentation des achats de véhicules étrangers et de divers produits finis comme les équipements électroménagers... Les opérateurs économiques sont d’autant plus incités à précipiter leurs achats de biens importés qu’ils anticipent une poursuite de la chute du pouvoir d’achat de la monnaie malgache et que la fin de la détaxation approche. La demande de devises étrangères exprimée par les importateurs s’est donc accrue et l’attaque contre la monnaie domestique ne cesse de produire ses effets déstabilisateurs. La tendance au creusement des déficits courants qui en découle n’est pas suffisamment compensée par l’afflux de capitaux et les transferts d’argent de l’étranger. En effet, le montant des investissements directs à l’étranger (estimé à 52 DTS en 2004 selon le FMI) n’a pas atteint le niveau espéré et annoncé par le gouvernement malgache. D’autant que les industries du textile exportatrices et implantées en zones franches sont talonnées par la concurrence des produits chinois qui profitent de la fin des accords multifibres. De plus, les entreprises en zones franches sont en général fortement consommatrices de biens intermédiaires et d’équipement importés, et rapatrient leurs bénéfices vers la maison mère à l’étranger. Ce qui ne permet guère de contribuer au rééquilibrage de la balance des paiements, malgré les avantages en termes de transferts de technologie, de créations d’emplois et de gains de productivité qu’on peut attendre des IDE. La situation de la balance des paiements aurait par ailleurs été pire si Madagascar n’avait pas atteint son point d’achèvement et obtenu des suppressions et des aménagements de dettes extérieurs.

Quelles sont les conséquences pour l’économie malgache de la dépréciation de la monnaie ? Une résorption du déficit commercial est-elle envisageable, via l’amélioration de la compétitivité prix des exportations ? C’est là un scénario loin d’être automatique et nécessitant un certain délai. Car plein d’autres facteurs interviennent et s’imbriquent : le degré de sensibilité de la demande étrangère aux prix des biens exportés, l’évolution de la concurrence internationale et de la conjoncture mondiale, et enfin la compétitivité structurelle, la manière dont l’économie malgache va exploiter ses avantages comparatifs, ses créneaux, ses potentialités, autant de dynamiques qui sont entachées d’incertitudes, et qui nécessitent une politique d’accompagnement et de soutien appropriée. L’hémorragie de la monnaie malgache est surtout à l’origine d’un phénomène d’inflation importée. Les coûts de production et la facture énergétique s’alourdissent sous l’effet conjoint de la dépréciation de la monnaie et de la montée en flèche des prix du baril de pétrole, et se répercutent en augmentation des prix, ce qui a pour corollaire le tassement des ventes dans certains secteurs. D’autres chocs viennent s’ajouter : les deux cyclones ont crée une pénurie locale des denrées alimentaires de base, ont induit un recours croissant aux importations dans un contexte de hausse des cours internationaux, situation dont les spéculateurs ont tiré profit et qui a eu pour effet mécanique une hausse fulgurante des prix du riz. Au total, l’inflation a atteint un niveau record de 26% pour l’année 2004 selon l’INSTAT (Institut national de la statistique), et non seulement elle ampute le pouvoir d’achat des ménages malgaches de façon considérable mais aussi elle brouille les anticipations des opérateurs économiques. Le SMIG malgache est par ailleurs devenu le plus faible au monde. Pour enrayer ces tensions inflationnistes, l’austérité est de mise en matière budgétaire et en termes de politique monétaire. Autant dire que la neutralisation des revendications salariales que cela implique attisent les tensions sociales et multiplient les mouvements de grève des fonctionnaires.

Il est vrai que les programmes de construction d’infrastructures, la hausse des importations de biens de production dopent l’investissement et la croissance. Mais dans un contexte d’ouverture croissante des économies et étant donné la contrainte extérieure qui pèse sur un pays de faible poids, de tels mécanismes peuvent être grippés sous l’effet d’une inflation galopante. Bien qu’on injecte des devises fortes dans le but d’acheter de la monnaie domestique et partant, de soutenir le taux de change, l’érosion de la confiance en la monnaie attaquée est telle qu’un processus cumulatif peut s’enclencher et affecter l’économie réelle de manière profonde. Au-delà des chocs brutaux et des effervescences sur le marché des échanges, ne sommes-nous pas passés d’une situation d’équilibre à une autre qui reflète la trajectoire économique de Madagascar et l’évolution de son poids dans les échanges internationaux ?


* RENTRÉE SCOLAIRE ET POUVOIR D’ACHAT

Selon les chiffres officiels sur le premier semestre 2005 publiés par l’INSTAT (Institut national de la statistique de Madagascar) début octobre, le taux de croissance de cette année a été révisé à la baisse : les 6.4 % prévus sont ramenés à 5%.

Le PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement) a présenté son rapport annuel sur le développement humain 2005 en septembre : Madagascar est classé 146ème mondial sur 177 avec un IDH (ou indicateur du Développement humain mesurant trois dimensions du bien-être humain : revenu, éducation et santé) de 0.499 (1). Ce rapport indique également que le PIB (produit intérieur brut) par habitant à Madagascar est de 809 dollars et l’espérance de vie de 55,4 ans. Si le taux d’alphabétisation des adultes était de 70,6% et le taux de scolarisation dans le primaire de 79% en 2003, selon ce rapport, le taux de scolarisation dans le secondaire en 2004/2005 serait de 12%.

La date exacte de collecte des données utilisées dans ces statistiques prêtant à discussion, parlons du vécu de la population en cette rentrée scolaire 2005. En août, le tarif (en ariary) des transports en commun dans la capitale a augmenté officiellement de 50%, passant de Ar 200 à Ar 300 pour les autobus. Le prix de l’essence de 120% en vingt mois et de nouvelles hausses ont été enregistrées en septembre.

Malgré les délestages de la JIRAMA qui persistent dans toutes les localités mais de manière inégale selon les quartiers (quasiment aucun délestage dans les quartiers où résident les notables de la haute sphère politique) les factures reçues par chaque famille restent toujours élevées suite à la hausse de 15% du tarif imposée au mois d’août. Le riz - dont l’importation de 110 000 tonnes entre octobre et décembre est réservée à un nombre infime de sociétés privées dont MAGRO - voit son prix de vente fluctuer entre les différentes régions : de Ar 800 à Ar 2400 le kilo.

L’arrêt officiel de la détaxation des importations de biens d’équipement à partir de début septembre ne suffit pas à expliquer cette hausse généralisée du coût de la vie et la distribution de quelques kits scolaires à la rentrée n’a pas annulé la grave baisse du pouvoir d’achat fortement ressentie et exprimée par les familles vivant dans la capitale et les villes des différentes régions de Madagascar.

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(1) La moyenne de l’IDH pour les ‘pays les moins avancés’ est de 0.518.
Le SMIG actuel à Madagascar est de 52 000 ariary (= 260 000 FMG) soit autour de 21 euros


* Dette. UNE SPIRALE INFERNALE ET TOUJOURS PLUS OPPRESSANTE

Les chiffres sont cruels pour les promoteurs du modèle économique dominant. Fin 2003, la dette extérieure publique de Madagascar s’élevait à 4,84 milliards de dollars, après une augmentation de 19% en 18 mois de présidence Ravalomanana. La spirale infernale n’a donc pas cessé.
La part bilatérale, qui était majoritaire voici quelques années, ne représente plus que 45,5% du total. Au contraire, la part multilatérale s’accroît très vite, pour aujourd’hui dépasser 54% du total. La part privée est négligeable.

La Banque mondiale prend une importance de plus en plus grande, détenant à elle seule près de 2 milliards de dollars de créances, soit 41 % de la dette totale. Du côté des créanciers bilatéraux, la France reste, avec 491 millions de dollars, le premier Etat créancier, devant le Japon (406 millions de dollars). Suivent dans l’ordre la Russie, la Libye, l’Irak, l’Espagne, l’Italie et l’Algérie.

Ainsi, alors que Madagascar est parvenu au point d’achèvement de l’Initiative PPTE (Pays pauvres très endettés) en franchissant toutes les étapes de ce parcours du combattant néolibéral, l’économie de la Grande Ile est toujours étouffée par une dette démesurée. Pourtant, l’Initiative PPTE devait apporter une solution durable. Il n’en fut rien, mais un autre but est atteint : re-légitimer les politiques imposées par le FMI et la Banque mondiale.

Alors que le sommet du G8 en juillet dernier a annoncé un accord « historique » sur la dette multilatérale pour 18 pays, dont Madagascar, notons qu’il vient avant tout consacrer l’échec de l’Initiative PPTE à libérer le développement des pays du Sud. Mais il en reprend la logique, refusant de questionner la voie à suivre pour lutter enfin efficacement contre la pauvreté.

La réalité est loin des proclamations de la Banque mondiale : les décideurs des pays riches et leurs sociétés transnationales, en accord avec les potentats locaux qui sont généralement récompensés, utilisent le levier de la dette pour obtenir des matières premières et du travail à bas prix, tout en organisant une domination implacable des pays endettés. Quand James Bond, le représentant de la Banque mondiale à Madagascar, vilipende l’administration malgache pour les freins mis aux investissements étrangers, il veut l’obliger à plus de dérégulation, plus de libéralisation, pour encore plus de profits pour les transnationales. Au lieu d’être le reconstructeur d’une économie dévastée, il se comporte comme un pyromane ultralibéral qui veut passer pour un pompier...

L’amélioration des conditions de vie n’est pas une priorité dans ce contexte. À l’inverse de cette logique mortifère, les mouvements sociaux doivent peser de tout leur poids pour inverser le rapport de forces actuel.

Damien Millet et Nicolas Sersiron


* Mobilisation. ILMÉNITE : LES SYNDICATS S’EN MÊLENT

L’ilménite est un minerai contenant du titane, dont la puissante Société anglo-américaine Rio Tinto détient déjà une bonne part du marché mondial, à travers deux sociétés, la société QIT (Quebec Iron & Titanium) au Canada et la société RBM (Richards Bay Minerals) en Afrique du Sud. Le sous-produit utilisé, le dioxyde de titane, sera exporté à partir des gisements du sud de Madagascar et par un port à construire au Nord de Taolagnaro (Fort-Dauphin). Ce composé de titane est utilisé dans les peintures, les industries plastiques et papetières, et également dans les forages pétroliers ou miniers. C’est un produit essentiel dont la demande sur le marché mondial est en expansion : selon Rio Tinto (Rapport 2003) celle-ci est évaluée à 600 000 tonnes pour des capacités actuelles de l’ordre de 250 000 tonnes.

Rio Tinto, dont le nom provient d’un gisement célèbre de cuivre et zinc en Espagne, n’a pas laissé que des bons souvenirs aux Andalous qui font volontiers visiter les sites miniers abandonnés et les dégâts écologiques laissés par les maîtres anglais lors de cette exploitation... datant du siècle dernier ! Il était donc normal, que des syndicalistes malgaches se penchent sur la question et leur inquiétude s’est exprimée dans un communiqué publié le 30 août 2005 sous la signature de José Randrianasolo, secrétaire général de la FISEMA (Firaisan’ny Sendikan’ny Mpiasan’i Madagasikara / Confédération Générale des Syndicats des Travailleurs de Madagascar).

Leur inquiétude porte sur trois points principaux :

1/ Qui financera les 35 millions de dollars (US) que le Gouvernement s’est engagé à apporter pour construire le port en eau profonde, nécessaire à permettre l’exportation du précieux « dioxyde de titane » ?

2/ L’absence d’une réelle volonté des investisseurs d’assurer une formation minimum aux personnels malgaches appelés à travailler dans cette entreprise, alors que des annonces de recours à des sous-traitants sud-africains ou asiatiques sont annoncées pour les trois années de construction, entre 2006 et 2008 (plus de 500 ouvriers spécialisés).

3/ L’absence d’une réelle étude d’impact social et écologique de cette implantation minière et chimique.

C’est pourquoi les syndicalistes se tournent vers les ONG internationales et nationales afin de les sensibiliser à l’impréparation des autorités malgaches et à l’absence de scrupules de la Société Rio Tinto. Ils invitent les organisations de la Société civile malgache et tous les syndicats, à mettre sur pied un « Comité de suivi permanent » afin d’évaluer les impacts de ce projet minier et de rechercher « des solutions équitables pour les investisseurs étrangers et Madagascar ».

Le CdSM (Consortium de solidarité avec Madagascar) soutient l’initiative de la FISEMA et l’encourage à prendre contact avec les syndicats de mineurs québécois et sud-africains, pour mieux résister à l’isolement des travailleurs malgaches face à une Multinationale sans scrupule.


* Repères. La politique est, en principe, « affaire des citoyens » !

Bien sûr, la « crise du politique » n’est pas une particularité malgache mais, comme ailleurs, Ubu écume visiblement la Grande Ile depuis bien longtemps. Traditionnellement à Madagascar, la pratique de la politique est dévolue à des gens aisés. Plus d’une centaine de « partis » sont aujourd’hui déclarés, la grande majorité d’entre eux ne rassemblant souvent que leurs fondateurs et leurs quelques ouailles et ne servant qu’à figurer et « compter » dans des enjeux de pouvoir où les alliances se font et se défont, non sur des bases programmatiques claires mais selon des calculs opportunistes, pour satisfaire des clientèles ethnico-régionales et/ou d’affaires. « Entrer en politique », pour beaucoup, c’est s’inscrire (souvent par cooptation) soit dans une logique de mobilité sociale ascendante soit dans une logique d’instrumentalisation de l’Etat pour défendre ou élargir son propre business.

Les compétitions de fractions dirigeantes pour le pouvoir à Madagascar ont commencé bien avant la colonisation. Après l’indépendance néo-coloniale de 1960, les fractions existantes se battent pour la maîtrise de la rente étatique et le contrôle des forces armées. Depuis les années quatre-vingt-dix, on se chamaille en prime pour la mainmise sur la manne des privatisations ou sur leurs miettes.

Quant au fond, précisons que la formation sociale malgache est aujourd’hui, plus que jamais, soumise à la même réorganisation tendancielle du procès néo-colonial engagée à la fin des années soixante pour surmonter la crise de la Première république et ayant fait succéder un « socialisme » déclamatoire devenu autoritaire (qui a œuvré au reflux des revendications et dynamiques populaires) puis des ajustements structurels de plus en plus sévères et ravageurs pour la population (aux fins d’apprêter le pays à la mondialisation libérale prédatrice). Les pervertissements du politique contribuent à brouiller et déformer les enjeux fondamentaux qui travaillent la société malgache : ainsi, aux présidentielles de 2001, quand bien même de puissantes luttes de travailleurs s’étaient exprimées tout au long des deux années précédentes (notamment dans les zones franches et dans la fonction publique), aucun des six candidats n’a remis en cause le dogme libéral et la dette inique...

Alors, au final, la politique à vau-l’eau ? Pas forcément ! Lors de sa Convention nationale représentative de mai dernier, la Société civile malgache organisée a jeté les bases d’un vaste projet citoyen intégré et cohérent, fruit de ses dix ans de structuration propre : un éclairage et de quoi largement s’inspirer pour les réseaux et partis progressistes malgaches s’ils se délestaient effectivement de leurs « stratégies » à courte vue et de leur propension à courir derrière des « hommes providentiels » pour, au contraire, privilégier la construction et l’adresse au peuple d’un programme alternatif à la soumission à la mondialisation libérale. Le voilà peut-être le chemin - avec les citoyens et les mouvements sociaux - de la réhabilitation du politique !

Jean-Claude Rabeherifara


* 29 mars 1947. des chiffres et des mots autour d’un massacre colonial


Merci à l’ami et écrivain Raharimanana de la version contractée ci-dessous de son texte paru dans la Lettre mensuelle éditée par SURVIE « Billets d’Afrique et d’ailleurs », n°139 (septembre 2005), pp.7-10 [ http://www.survie-france.org/IMG/pdf/Num139.pdf ]. Merci à SURVIE et « Billets d’Afrique et d’ailleurs »...


Le 21 juillet 2OO5, Chirac visite Madagascar et les médias français redécouvrent l’île tout d’un coup ! Voici Ravalomanana crédité de l’appui de la France malgré les coups bas adressés à celle-ci : Air France évincé au profit de Lufthansa, France Télécom cocufiée en bonne et due forme en plein tribunal qui invoque la raison d’état pour l’attribution du marché à un obscur opérateur asiatique, l’affaire Galana où BNP-Paribas peut regretter ses investissements...

Chirac a beau décorer son homologue de la Grande Croix de la Légion d’Honneur, Ravalomanana a le chic de tout ficher en l’air. Le président français y va de sa repentance pour les massacres de 1947, reconnaît les « périodes d’affrontements qu’il faut assumer » et qu’il qualifie néanmoins de « dérives coloniales », promet d’éclaircir ses positions sur ce point de l’histoire. Ses propos se devaient historiques mais tombent en ruine dès le lendemain car lors d’une conférence de presse Ravalomanana réplique béatement qu’il ne s’y connaît pas beaucoup en Histoire et qu’il préfère regarder vers l’avenir : d’ailleurs n’était-il pas né en 1949, soit deux ans après la rébellion ! Réponse naïve ? Cynique ? En tout cas, elle choque et provoque la colère d’une grande opinion malgache : quand un chef d’Etat ignore à ce point la mémoire de son propre pays, que reste-t-il comme dignité au peuple ? Rien qu’une frustration plus grande encore.

Les propos de Ravalomanana provoquent alors une réaction collective d’une quarantaine d’associations malgaches (dont le SECES, Syndicat des Enseignants Chercheurs de l’Enseignement Supérieur) demandant au Gouvernement malgache de « faire son travail et son devoir en réclamant sans délai l’ouverture sans restriction de la totalité des archives françaises sur 1947. » La Présidence, par le biais de Moxe Ramandimbilahatra, conseiller du Président, historien de formation, se justifie alors en fustigeant la conception « passéiste » de ces associations : « Allons-nous toujours nous lamenter sur le passé ? » Voilà une brèche dans laquelle s’engouffreront révisionnistes et défenseurs de l’action française. Comment s’étonner dès lors que dans la presse française se font jour des thèses révisant à la baisse le nombre des victimes de cette rébellion ? Libération [22/07/05] pose clairement la question : 15 000 ou 100 000 mille morts ? Le Figaro évoque le parti communiste qui à l’époque aurait gonflé le chiffre à 100.000 et conclut que « selon certains historiens » ce serait « largement revu à la baisse » pour atteindre au totallenombre de 15000. Le Monde avancequantàluientre20.000et 30.000 victimes. Les trois quotidiens ont en vérité la même source : Jean Fremigacci, Maître de conférencesà Paris I-Sorbonne.

On se souvient qu’en juin 2001, lors du colloque « France et Afrique : répression des indépendances et décolonisation » organisé par l’association AIRCRIGE, il suscita le scandale en attribuant le traumatisme des Malgaches non sur la répression elle-même mais sur leur « désillusion romantique », les sagaies des ancêtres sacrés n’ayant pas pu venir à bout des fusils. Non sans provocation, il rajouta qu’au contraire cet épisode de l’histoire malgache a été bénéfique à la démographie du pays car on nota après les événements une augmentation du nombre de la population de l’île, comme si poussés par la crainte du massacre, les malgaches se sont multipliés instinctivement.

Le même Fremigacci qui dirige une équipe de recherches sur cette rébellion à l’Université d’Antananarivo signe dans la revue Marianne - numéro du 25 au 31 décembre 2004 - un article dans la même lignée. Il y affirme que « dès le départ, l’insurrection du 29 mars 1947 fut vécue et mémorisée sur le mode du fantasme et de l’horreur » à l’image de cette affabulation sur « un chef de poste français dépecé vivant par un médecin ». Fantasme l’attaque de la garnison de Moramanga par les rebelles ? Fantasme la réplique sanglante des tirailleurs sur la même ville de Moramanga ? L’enquête historique, affirme Fremigacci, montre que « les Sénégalais déchaînés, au matin du 30 mars, n’étaient qu’une douzaine dans une petite ville évacuée dans la nuit par sa population ». Fremigacci a-t-il oublié ses leçons d’histoire pour ignorer qu’un petit nombre d’assaillants n’a jamais empêché de semer la terreur et la mort ? Tout dans la phrase de Fremigacci montre une volonté de réduire cet épisode à un incident sans importance, voire inexistant.

Fremigacci rappelle que parmi les 44 condamnations à mort prononcées par les tribunaux militaires français, seules 8 furent exécutées et 16 sur les 160 des cours criminelles. Quelle mansuétude après les milliers d’exécutions sans procès aux lendemains de l’insurrection. A-t-on jugé un seul criminel français sur ces événements ? « Il n’y a pas d’assassin, c’était le système colonial ! », dit-on. En attendant, les pays colonisés peuvent se débattre dans leurs mémoires.

Les évaluations de Fremigacci sur le chiffre des victimes, celui de la répression d’abord : « le total n’atteint pas 10.000 morts », le reste « 20.000 à 30.000 est dû à la mort de misère physiologique -de malnutrition et de maladie- dans les zones refuges ». Fremigacci écrit à propos de ces derniers : « Faut-il considérer tous ces morts comme victimes de massacres colonialistes ? A l’évidence non. » Sans commentaire.

Maintenant comme l’écrit Jacques Tronchon dans sa thèse : « Le chiffre véritable ne sera sans doute jamais connu. Celui de 89.000 avoué par l’état-major français -chiffre fondé sur la différence négative trouvée entre le nombre d’habitants du quadrilatère d’insurrection avant et après les hostilités - est sans doute assez proche de la réalité. Mais que vaut le recensement effectué en 1949 [...] ? Prétendre comme beaucoup que le nombre des morts est bien supérieur à 100.000 est sans doute hasardeux ». N’en déplaise à Jean Pierre Tuquoi du journal Le Monde dans son article du 22 juillet 2005, Jacques Tronchon n’a jamais repris cette estimation « comme parole d’évangile ». Il nous a juste fait comprendre qu’en 1947, on a tué sans compter à Madagascar. L’absence de chiffre précis montre justement le caractère indicible de ce massacre colonial.

Il appartient aux Français de regarder enfin en face la barbarie qu’ils ont semée et qu’ils continuent de semer dans les pays d’Afrique. Il appartient aux Malgaches et aux Africains d’effectuer leur travail de mémoire et de faire entendre enfin leur propre parole. Plus que les chiffres, il est difficile de trouver les mots exacts qui rendent compte de cet événement...

Raharimanana (27 août 2005)

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(1) L’insurrection malgache de 1947, Karthala-Efa, 1986.


* Association. HARDI (partenaire du CCFD)

Dans de nombreuses familles des quartiers pauvres d’Antananarivo, les enfants ne sont pas scolarisés, doivent travailler pour aider à nourrir la famille, ou sont laissés à eux-mêmes et passent leurs journées dans la rue. Alors que le gouvernement malgache accorde une importance accrue au secteur de l’éducation et lance un programme d’éducation pour tous, de nombreux enfants se trouvent exclus du système scolaire car la politique du gouvernement ne prend pas en compte les besoins spécifiques des enfants en difficulté et ne reconnaît pas l’apprentissage informel.

HARDI, une association créée en 1994 par de jeunes étudiants diplômés, a mis en place un centre d’accueil pour les enfants déscolarisés, pour les remettre à niveau et faciliter leur réinsertion dans le système scolaire. Vu le nombre grandissant d’enfants à prendre en charge, HARDI a construit en 2004 un deuxième centre. Au total, 260 enfants entre 5 et 14 ans bénéficient du programme de réinsertion. A côté de ce travail concret, HARDI s’est engagé dans un travail de plaidoyer auprès des décideurs politiques et influencer la politique d’éducation du gouvernement pour défendre la cause des enfants déscolarisés. D’autre part, HARDI met aussi en œuvre un projet de micro-crédit pour aider les familles les plus pauvres à générer des revenus et constituer une petite épargne et prévoit démarrer sous peu un projet de sécurisation foncière dans la commune de Moramanga.


Le dessin animé Madagascar

Un film d’animation pour enfants intitulé « Madagascar » de Spielberg a battu, cet été, le record des entrées dans les salles de cinéma en France : l’histoire d’un groupe d’animaux échappés d’un zoo de New York qui débarquent à Madagascar. Les difficultés rencontrées par ces animaux habitués à la vie en captivité et qui ne savent pas du tout se débrouiller constituent le support d’anecdotes humoristiques et amusantes destinées donc, principalement, aux enfants. Mais nombreux sont les adultes qui sont allés voir le film et ont exprimé des opinions diverses et contradictoires.

Certains n’y ont trouvé aucun intérêt ou ont été choqués par le fait que les Malgaches aient été figurés par des lémuriens, des singes... Quelques personnes seraient parties à Madagascar en touristes suite à la projection du film et ont été très déçus de constater que, contrairement à ce qu’ils ont vu dans le film, il n’existait ni lion, ni zèbre, ni girafe, ni hippopotame à Madagascar. D’autres voix ont trouvé le film intéressant dans la mesure où il aurait constitué une publicité gratuite sur Madagascar et permis à un public non avisé d’apprendre qu’un tel pays existait et possédait une richesse exceptionnelle au niveau de la faune et de la flore. Quelques spectateurs ont trouvé étonnants les traits de personnalité du chef des lémuriens, peu subtil, qui dit lui-même qu’il s’était « auto-proclamé » et se sont demandés qui représentaient le nombre infini de renards qui menaient une vie de privilégiés et géraient en fait le pays. Leurs conflits avec les renards ayant dégagé une mise en infériorité des derniers arrivés, les animaux du zoo de New York en visite au pays ont repris leur bateau à la fin du film et annoncé qu’ils reviendraient.

Quittons l’aspect fictif de ce dessin animé et revenons à la réalité : Madagascar aurait dû toucher des royalties sur ce film. S’ils ont été perçus, à quoi ont-ils été dépensés ?


* Livre nouveau. Elles font bouger l’Afrique  : Un dÉmenti À l’afro-pessimisme

Elles sont au nombre de 52... L’une ou l’autre, militante, artiste, intellectuelle, sportive, élue etc. Des Africaines d’aujourd’hui, femmes de conviction et de détermination, femmes magnifiques luttant concrètement pour le progrès social, la liberté et la Paix... Leurs portraits et récits de vie alimentent « Elles font bouger l’Afrique », livre-témoignage, illustré et en couleurs, que publie en cette rentrée la trentenaire AFASPA (Association française d’amitié et de solidarité avec les peuples d’Afrique). Deux Malgaches dans cette galerie : Lalao Randriamampionona qui vient d’être élue présidente de Vovonana iombonan’ny Firaisamonin’Olom-pirenena malagasy (Plate-forme de la société civile malgache) par la Convention nationale des organisations de la société civile de Madagascar des 20-23 juin 2005 et Gisèle Rabesahala, combattante indépendantiste, présidente actuelle de Fifanampiana malagasy (Comité de solidarité de Madagascar).

>> Elles font bouger l’Afrique, Éditions Tirésias, Coll. « Ces oubliés de l’Histoire », 145p. Prix de vente : 20€. (Contact AFASPA : 01.49.93.07.60 ou afaspa@wanadoo.fr)


* Témoignage. « Mada, pas de meilleur choix ! »

Madagascar pour deux ans ? J’ai dû attendre mon retour pour réaliser que c’était le rêve de beaucoup de Français. Jusqu’en 2003, l’île n’évoquait que peu de choses pour moi. Mon fiancé avait envoyé sa candidature à l’AFVP (Association française des volontaires du progrès) pour satisfaire un engagement à la fois personnel (le désir de partir en couple dans un pays du Sud) et professionnel. Je souhaitais attendre d’être sur place pour choisir une activité correspondant à ma volonté de m’impliquer dans la vie locale tout en menant un projet utile pour ma formation. Après avoir participé à une expérience de développement à Fianarantsoa, la capitale du Betsileo, j’ai eu envie de me rapprocher de ses populations. À travers le projet Vies à Vies, je voulais présenter le quotidien des habitants des Hauts Plateaux. Je me suis associée au photographe Pierrot Men pour rédiger une série de portraits. Ce travail permettait de confronter la sensibilité et l’expérience d’un témoin privilégié et la soif de comprendre d’une jeune Française. Nous avons sillonné la RN7 à la rencontre de montagnards aussi différents qu’un gardien d’une montagne sacrée, un viticulteur ou un cultivateur de thé. Cette découverte m’a donné le goût du journalisme. J’ai eu la chance de collaborer à un grand quotidien de la place. Celui-ci m’a offert l’opportunité de publier de nombreux articles, d’abord comme correspondante de la région de Fianarantsoa, puis comme stagiaire au siège du journal. Après de nombreux reportages au milieu des baleines ou des chercheurs de saphirs, je suis donc partie quelques mois à Tana. J’y ai trouvé une équipe de journalistes très dynamique, qui m’a tout de suite plongée au cœur de l’information politique, judiciaire et culturelle du pays. J’ai pu ainsi parcourir en long et en large la capitale, et apprendre à en connaître toute la richesse et la diversité. Ce long - mais trop court - séjour à Madagascar, m’a orientée vers l’écriture, la rencontre et la perception d’un quotidien parfois invisible pour certains, mais que je tente d’observer avec recul et lucidité. Les marchés, les gloussements des enfants et les interminables trajets en taxi-brousse me manquent déjà. Mais tous ces moments m’ont fait grandir et me permettent aujourd’hui de savourer la vie avec plus d’humanité.

Dorine Leleu

Consortium de solidarité avec Madagascar - La Lettre 176 rue de Grenelle 75007 Paris - tél. 01.45.34.58.48 - e-mail : lalettre_mada@yahoo.fr
Ont participé à la rédaction de ce numéro : J.-Y. Barrère, A. Befeno, E. Fallot, D. Leleu, D. Millet, J.-C. Rabeherifara, J.-L. Raharimanana, M. Ratrimoarivony, C. Riffard, N. Sersiron et F. Yver
 
 

 
 

 
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