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Communiqué du 12 oct. 2006 : MADAGASCAR : PRÉSIDENTIELLES À HAUTS RISQUES, VEILLE CITOYENNE À RENFORCER

 

CdSM . Consortium de solidarité avec Madagascar


Communiqué du 12 octobre 2006

MADAGASCAR

PRÉSIDENTIELLES À HAUTS RISQUES. VEILLE CITOYENNE À RENFORCER

Alors que les élections présidentielles sont prévues pour le 3 décembre prochain, date par ailleurs controversée, une certaine excitation se manifeste dans la Grande Île, qui n’est pas complètement remise de l’agitation violente de fin 2001-juillet 2002.

Largement médiatisée, la tentative de retour à Madagascar, samedi 7 octobre 2006 à Toamasina, de l’ancien Vice-premier-ministre Pierrot Rajaonarivelo témoigne de la fragilité de la situation politique malgache. Ce Secrétaire général du Parti AREMA de Didier Ratsiraka (avec les partisans duquel il est visiblement en bisbilles) tente de se refaire une virginité politique à l’occasion de son retour d’exil, alors que sa condamnation en première instance par des tribunaux nationaux fait l’objet d’un recours en appel.

À moins de deux mois du vote prévu et à quelques jours de la clôture du dépôt de candidatures, c’est évidemment un petit tremblement de terre. Le Président Marc Ravalomanana a choisi l’interdiction du territoire à son frère-ennemi le plus incontrôlable, au lieu de faire jouer les procédures normales de l’État de droit : c’est une grave erreur.

Madagascar a encore besoin de confirmer son rétablissement démocratique et de permettre à des élections libres et transparentes de se dérouler. Les Malgaches ont aussi besoin de débats contradictoires dans un climat apaisé pour juger du régime en place depuis l’automne austral 2002, et voter sereinement pour les candidats qui vont se présenter devant eux. Marc Ravalomanana doit être le garant des institutions démocratiques et de la transparence des élections. Il doit garantir l’égalité de tous les candidats pendant la campagne électorale, c’est à dire, en moyens financiers, accès aux médias et matériel de propagande. Des Commissions électorales et indépendantes, représentatives de tous les courants doivent surveiller le processus électoral. En cas de discrédit sur ce scrutin à venir, c’est le Président Marc Ravalomanana qui paiera le prix le plus élevé, outre bien sûr et encore une fois, les 70 % de Malgaches les plus appauvris de la planète.

Pierrot Rajaonarivelo ne pourra pas faire le coup de Ratsiraka en 1996, celui d’un retour électoral en profitant des désordres de son successeur Albert Zafy.

Les Malgaches veulent sans doute aujourd’hui construire un régime plus démocratique, plus ouvert, moins soumis aux consignes néo-libérales du FMI et de la Banque mondiale. Ces deux Institutions qui dirigent vraiment le pays reconnaissent dans le DSRP de 2005 que "la Stratégie de Réduction de la Pauvreté n’est pas favorable aux populations pauvres de Madagascar parce que les fruits de la croissance bénéficient plutôt à ceux qui n’en ont pas un besoin immédiat" (Rapport annuel d’exécution du DSRP - 2005, paru en juin 2006).

- Il appartient sans doute aux élites politiques malgaches de s’affronter pacifiquement pour permettre de faire émerger, à l’issue de ces élections présidentielles, une démocratie plurielle et dynamique au service de tous et surtout des plus pauvres.

- Pour une réhabilitation cohérente et conséquente du politique, la Société civile malgache organisée aura à cœur de veiller à l’intégrité du tissu social face aux éventuelles menées et dérives ethnicistes ou politiciennes destructrices.

Paris, le 12 octobre 2006

Pour le Consortium de solidarité avec Madagascar ,

Jean-Yves Barrère, président

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