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[ Abstracts des communications ]

LA CRISE MALGACHE DE 2009 : LES PROBABLES ENJEUX DE LA FRANCE À MADAGASCAR

Patrick Rakotomalala [ Directeur Général de l’AFCEPF ]

L’insolubilité apparente de la longue crise malgache, au-delà des « rivalités » obstinées des hommes politiques malgaches, est le reflet de conflits d’intérêts exogènes qui s’affrontent violemment : à l’intransigeance d’un bloc, africain en particulier, qui soutient strictement une position légaliste, s’oppose la position d’une diplomatie française qui semble supporter, bien qu’elle s’en défende, le pouvoir mis en place en mars 2009.

L’argument souvent avancé pour crédibiliser l’idée de son « désintéressement » serait la faiblesse des enjeux économiques et des flux en volume entre la France et Madagascar. Si on ne devait en effet s’en tenir qu’aux chiffres, Madagascar ne serait que « quantité négligeable » à l’aune du PIB français et du volume global des échanges.

En réalité, à la mesure des potentialités économiques réelles du pays, de son potentiel de croissance, et subséquemment des enjeux d’investissement et de profit des uns et des autres, les enjeux économiques sont probablement bien plus réels que les représentants de la France ne le prétendent. Par ailleurs ce que l’on pourrait taxer « d’acharnement » de la France est d’autant plus plausible que d’autres enjeux, non moins essentiels, sont à défendre : politiques, géopolitiques, géostratégiques, culturels...


PORTÉE ET LIMITES DE LA NOTION DE SOUVERAINETÉ NATIONALE.
LA SOCIÉTÉ MONDIALE ET LES INSTITUTIONS INTERNATIONALES

Monique Chemillier-Gendreau [ Juriste ]


SYNDICALISME INDÉPENDANT, SOUVERAINETÉ NATIONALE ET MOUVEMENT CITOYEN

José Randrianasolo, secrétaire général de la FISEMA (Firaisan’ny Sendikan’ny Mpiasan’i Madagasikara, Confédération Générale des Syndicats de Travailleurs de Madagascar) et coordinateur de la CTM (Conférence des travailleurs de Madagascar, plateforme syndicale nationale)

La « politique » est devenue une profession voire un secteur économique très juteux, et non plus un art de gouverner un Etat. Dans leur grande majorité, les partis malgaches sont devenus des appareils clientélistes et peu font des préparations minutieuses pour accéder dignement à la conduite de l’Etat.

Sous la colonisation, les luttes pour l’amélioration de la situation morale et matérielle des travailleurs malgaches s’articulaient au combat pour l’indépendance de Madagascar, synonyme de souveraineté nationale. La FI.SE.MA. s’est impliquée dans ce combat pour l’Indépendance effective et la souveraineté nationale aux cotés des organisations et partis nationalistes et progressistes.

Face au bulldozer de la mondialisation capitaliste, agissant toujours avec une logique de domination et d’accumulation, la promotion des travailleurs et travailleuses passe plus que jamais par l’indépendance effective de la nation et il n’y aura pas de véritable souveraineté nationale sans promotion des travailleurs et travailleuses, notamment par le travail décent*, et sans défense déterminée des intérêts individuels et collectifs de la population. Le mouvement syndical malgache indépendant constitue (toujours) un des piliers majeurs du mouvement citoyen.

— - * La notion de travail décent résume les aspirations des êtres humains au travail. Le travail est l’élément clé du bien-être économique des individus. Il constitue une source de revenus, mais il permet aussi aux individus de progresser sur le plan socio-économique, de s’épanouir sur le plan personnel et d’offrir plus de moyens à leur famille et à leur communauté. Tout cela n’est cependant possible que s’il s’agit de travail décent.


ETAT DES LIEUX DES RESSOURCES À MADAGASCAR

Mahamoudou Ndriandahy [ Secrétaire exécutif de la PFNOSCM (Plateforme nationales des Organisations de la Société civile de Madagascar) ]


QMM, SHERRITT, PIERRES PRÉCIEUSES, PÉTROLE ET URANIUM

Groupe de travail CdSM « Ressources »


SÉCURISER L’AGRICULTEUR ET/OU ATTIRER L’INVESTISSEUR ?
LES DILEMMES DE LA POLITIQUE FONCIÈRE MALAGASY ?

André Teyssier [ Géographe, Cirad-Tera, Equipe Gouvernance et Recompositions Territoriales ]

En réponse à la crise foncière et domaniale, le gouvernement malgache a lancé en 2005 une réforme foncière innovante basée sur la décentralisation de la gestion foncière. Dorénavant, les communes équipées de guichet foncier peuvent établir des certificats fonciers dans des délais et à des coûts sans commune mesure avec l’ancien système du titre foncier. Cette nouvelle politique foncière a contribué à la promotion du monde paysan malgache, mais elle s’est heurtée à partir de 2008 à une vision parallèle qui a consisté à développer des projets agro-industriels de grande ampleur. La crise politique de 2009 a interrompu la mise en œuvre de ces principaux projets dont la faisabilité était de toute façon improbable. Les raisons des échecs de ces projets sont liées à des modes d’implantation peu transparents qui ont souvent négligé les droits fonciers locaux. Des leçons restent à tirer de ces expériences malheureuses pour une politique foncière cohérente susceptible de favoriser la venue de nouveaux investissements en privilégiant le dialogue avec les acteurs concernés et en garantissant les droits fonciers existants.


LA CONQUÊTE PAR LE SURENDETTEMENT

Nicolas Sersiron [ Artiste plasticien, vice-président du CADTM (comité pour l’annulation de la dette du tiers-monde) et président de ENM (Echanges non marchands) ]

Après les premiers génocides en Amérique du Sud au 16e siècle, puis l’esclavage jusqu’au milieu du 19e, c’est la colonisation militaire jusqu’en 1960 qui pérennisera les empires. Le néocolonialisme actuel, utilisant le levier de la dette, est la continuité de cette cascade ininterrompue d’oppressions. Au long cours de leur conquête, les Occidentaux assassinèrent d’abord par la supériorité de leurs armes au nom d’un monothéisme supérieur, maintenant c’est avec l’idéologie du capitalisme global qu’ils approfondissent leurs crimes sur les peuples les plus faibles et sur l’environnement. Madagascar surendettée est à la merci de la finance internationale et de son premier partenaire la France. Comment comprendre que la famine soit devenue endémique dans le Sud alors que la Grande île possède de nombreuses ressources fossiles, agricoles, sylvicoles et humaines ? Le chaos politique actuel serait-il la partie visible de la guerre pour le partage des richesses entre les transnationales et leurs parrains, les pays riches, avec pour cheval de Troie le système dette ?


LA TOILE ET LA PUBLICATION SCIENTIFIQUE : LES OUTILS D’UN GROUPE DE CITOYENS DE LA TERRE POUR SAUVER UN PATRIMOINE MONDIAL EN PÉRIL

Lucienne Wilmé [ ]

Ce qu’un groupe et ses nombreux satellites, à budget zéro mais connecté sur la Toile a pu réaliser pour sauver des forêts du patrimoine mondial pillés par les trafiquants. Des citoyens de la SAVA, de Madagascar, d’Afrique, d’Europe, des Amériques (de la Terre) connectés sur la toile 24 heures sur 24, partout, sans autre moyen mais avec un objectif commun : protéger les forêts de Madagascar. La puissance qu’aucun trafiquant ne pourra jamais acheter avec le média universel pour la démocratie.


LA CONTRIBUTION DE LA SOCIÉTÉ CIVILE À LA MAITRISE NATIONALE DES RESSOURCES NATURELLES À MADAGASCAR

Lalao Randriamampionona [ Anthropologue, Présidente de la PFNOSCM (Plateforme nationales des Organisations de la Société civile de Madagascar) ]


SOCIÉTÉ POLITIQUE ET SOCIÉTÉ CIVILE : UN BILAN EN FORME DE QUESTIONS

Didier Galibert [ Docteur en ethnologie, CEAN – IEP Bordeaux ]

Considérée comme le recours le plus évident face à l’instabilité politique et à la persistance de la pauvreté, la société civile mobilise l’intérêt des militants du développement et de la consolidation démocratique. La première interrogation concerne les contours réels d’une notion particulièrement délicate à cerner à Madagascar, compte tenu de la réalité de la mobilisation sociale et de la vigueur non moins avérée des interventions politiciennes dans le vaste réseau tissé dans le pays par les ONG. La seconde interrogation examine sans a priori la capacité de cette société civile à créer les conditions de la citoyenneté et d’une nouvelle gouvernance, dans une mise à distance nécessaire de l’idéal. Gouverner n’est pas conseiller : la question de l’élite politique ne peut être éludée.


LA CRISE POLITIQUE 2009 ET LES ACTIONS DE LA SOCIÉTÉ CIVILE

Jean-Pierre Rakotofiringa [ CCOC (Collectif des Citoyens et des Organisations citoyennes) ]


LA SOUVERAINETÉ NATIONALE, MAÎTRISE DES RESSOURCES, CRISE POLITIQUE : LE ROLE DE LA SOCIÉTÉ CIVILE

Lalao Randriamampionona [ Anthropologue, Présidente de la PFNOSCM (Plateforme nationales des Organisations de la Société civile de Madagascar) ]


[ Texte qui n’a pas l’objet d’une communication orale ]

POUR UNE ALTERNATIVE SOCIALE ET DÉMOCRATIQUE

Jean-Claude Rabeherifara [ sociologue, CILDA-up10 (Centre international des industries de la langue et du développement – Afrique, Asie, Amériques – Université Paris Ouest Nanterre La Défense) ]

Comme ceux qui l’ont précédé, le régime autoritaire et corrompu de Ravalomanana a constamment réprimé le mouvement social. La logique libérale qui enrichit depuis des décennies une minorité, appauvrit la population et brade les ressources nationales est à l’origine de la colère populaire qui a conduit aux émeutes de 2009 récupérées dans le coup d’état militaro-civil rajoelinien, aventure tout aussi affairiste que le système ravalomananiste, et qui a plongé le pays dans une crise totale jusqu’à aujourd’hui. Le partage du pouvoir dans le cadre de la « sortie de crise » libérale, concertée entre transnationales et puissances anciennes et/ou émergentes, alliées à leurs clientèles locales respectives en phase de surenchères aigües, ne peut que contrarier le bien public et l’intérêt à long terme de la population. Il est temps que les revendications populaires fassent irruption sur la scène politique. L’enjeu désormais est d’activer une force vive, indépendante et démocratique, capable de défendre ces revendications et constituée par les syndicats, les réseaux combatifs de la société civile et les partis progressistes.


 

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