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Communiqué n°1 (du 9 oct.2002)

 

MADAGASCAR : LES ONG FRANÇAISES SE MOBILISENT

(Paris, 9 octobre 2002)

Après plus de six mois de crise politique, l’Ile Rouge retrouve enfin une certaine stabilité. Aujourd’hui, la victoire de Marc Ravalomanana réclamée par la majorité de la population malgache et juridiquement validée par la Haute Cour Constitutionnelle est largement reconnue à l’intérieur comme à l’extérieur du pays.

Une véritable révolution pacifique a eu lieu au cours des six premiers mois de l’année 2002, à la suite des élections controversées du 16 décembre 2001.

Le dénouement de la plus grave crise que ce pays ait connue depuis l’indépendance permet d’affiner l’analyse des événements et éclaire le rôle des dirigeants politiques français dans cette tentative pour entraîner Madagascar vers la partition, les haines soi-disant « ethniques », et la guerre civile.

Mais Madagascar qui figure parmi les pays les plus pauvres du monde va porter encore longtemps les stigmates de cette crise où, plusieurs mois durant, des barrages ont empêché toute circulation des biens et des personnes, et paralysé ainsi les activités du pays.

La population malgache va continuer à payer les frais de sa longue résistance face à l’obstination du président sortant, Didier Ratsiraka, qui refusait de reconnaître sa défaite et s’accrochait au pouvoir au prix d’une tentative de division du pays par la sécession des provinces autonomes en soi-disant « Etats indépendants » - dont des barrages routiers préfiguraient les frontières -, de la destruction d’infrastructures (dynamitage de ponts), et d’atteintes aux droits de l’Homme.

Les prévisions économiques sont alarmantes.

- Le milieu rural, où vit plus de 75% de la population du pays, selon le PNUD, et où la majorité est démunie, sera le plus menacé à très brève échéance - novembre 2002. Il est indispensable que des mesures précises et ciblées soient prises pour permettre dans de bonnes conditions, à la fois le financement et l’arrivée dans les villages des engrais, des semences et des réponses aux besoins sanitaires et scolaires de la rentrée.

- Les conditions sanitaires sont catastrophiques : les médicaments essentiels ont disparu des pharmacies villageoises et des hôpitaux, plus de 700 personnes sont déjà décédées de la grippe. Les produits de première nécessité se sont raréfiés dans toutes les régions.

- Les entreprises en « Zones franches », surtout à Antananarivo (125.000 emplois) sont fermées et ne pourront pas rouvrir avant plusieurs mois. Elles concernent principalement des industries textiles.

- Les autres secteurs industriels et l’ensemble des secteurs d’activité vont également connaître, selon les observateurs, une décroissance forte, qui se chiffrerait en fin d’année par une baisse de l’ordre de 10% du Produit Intérieur Brut.

- Contrairement aux dogmes du FMI et de la Banque Mondiale, Madagascar fait l’objet d’une urgence : les priorités doivent porter sur le domaine social c’est-à-dire la santé, la nutrition, l’éducation, et sur le développement rural.

Face à la gravité de la situation, des ONG françaises, qui travaillent souvent depuis longtemps à Madagascar, ont décidé d’unir leurs efforts dans le cadre d’un Consortium de Solidarité avec Madagascar. En juin dernier, plusieurs d’entre elles avaient déjà lancé un appel dans Le Monde pour la reconnaissance par la France du président Marc Ravalomanana. Elles s’engagent maintenant aux côtés de la société civile malgache qui se bat et ouvre pour l’instauration d’une véritable démocratie et d’un Etat de droit en l’absence desquels toute ouvre de développement ne peut qu’échouer.

Les membres du Consortium appellent à un élan solidaire et à une mobilisation de tous pour la reconstruction du pays.

Aujourd’hui, plus que jamais, le but essentiel est d’apporter une réponse cohérente et concertée aux nombreuses sollicitations d’entraide et de coopération émanant de toute l’Ile.

* Membres fondateurs du CdSM : Cedetim, Cimade, Survie, Cri-RM, Orchidées, CCFD, BPEM, L’Appel, CSPMD, Collectif pour Madagascar à La Réunion, Solidarité Ile Rouge, Solidarité Laïque, Mireille Domenichini Andrianina, Didier Mauro, Jean-Claude Rabeherifara, Bernard Monnot, Randianina Ravoajanahary, Vincent Wable, Mamy Ratrimoarivony

 
 

 
 

 
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